République Démocratique du Congo | ICCN | RÉSERVE NATURELLE D'ITOMBWE

Notre Travail

Notre Impact

RNI – Journée mondiale des rivières

Protéger l'eau pour un développement durable et les générations futures.

Projets de conservation

Résultats & Statistiques

Soutenir la RNI

Soutenez la RNI pour protéger nos rivières et promouvoir un développement durable dans nos communautés.

Soutenir La Réserve Naturelle d'Itombwe en cette saison de dons

Votre soutien permet de financer la protection des gorilles et le développement des communautés locales

A propos de nous

À propos de nous

La Réserve Naturelle d'Itombwe (RNI) est l'une des aires protégées les plus remarquables d'Afrique centrale. Nichée au cœur du plus vaste massif forestier de haute altitude du continent, elle abrite une biodiversité d'importance mondiale et des cultures intimement liées à la forêt. Gérée par l'Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) avec l'appui de ses partenaires, la RNI est née d'un long processus de délimitation participative, mené main dans la main avec les communautés locales et les peuples autochtones qui y résident.

Localisation géographique

La RNI se situe à l'est de la République Démocratique du Congo, dans la province du Sud-Kivu, à l'ouest du lac Tanganyika. Les Monts Itombwe font partie de la chaîne des monts Mitumba et bordent le fossé tectonique de la branche occidentale du grand rift africain — le Rift Albertin — dont le fond est occupé par plusieurs grands lacs.

La réserve s'inscrit dans le Massif forestier d'Itombwe, qui couvre une vaste forêt de montagne s'étalant sur la frontière est de la RDC, du Katanga au Nord-Kivu. Ce massif possède la plus vaste zone forestière de haute altitude d'Afrique : sur les quelque 15 000 km² du massif, la forêt occupe plus de 7 500 km², dont plus de 6 700 km² de forêts d'altitude, en incluant les forêts de transition et les formations de bambous. La végétation de l'Itombwe est d'une grande variété, des basses altitudes jusqu'aux plus hauts sommets.

La RNI figure parmi les sites majeurs pour la biodiversité en Afrique, et tout particulièrement dans la région du Rift Albertin. Elle appartient à ces forêts exceptionnelles de montagne de haute altitude, s'étageant de 1 500 m à plus de 3 000 m d'altitude, le point culminant étant le Mont Muhi (3 475 m). Sur le plan administratif, la réserve s'étend sur quatre territoires du Sud-Kivu — Mwenga, Uvira, Fizi et Shabunda — subdivisés en plusieurs secteurs et chefferies, dont sept sont directement concernés par la RNI. Le seul territoire de Mwenga abrite à lui seul près de 92 % de la superficie de la réserve.

À l'issue du processus de délimitation participative, la RNI couvre aujourd'hui une superficie officielle de 5 732 km², pour un périmètre de 568 km de limites externes. Elle est organisée en trois zones : une zone centrale de conservation intégrale (2 080 km², soit 36,3 %), une zone tampon (557 km², soit 9,7 %) et une zone à usage multiple (3 097 km², soit 54 %).

Une biodiversité d'importance mondiale

La RNI a la rare particularité de présenter une succession forestière complète et continue, des forêts de plaine jusqu'aux formations de haute montagne — une gradation qui, ailleurs en Afrique, a le plus souvent disparu sous la pression humaine. Cette continuité, associée à la position du massif au carrefour de plusieurs grands ensembles phytogéographiques (guinéo-congolais, zambézien et afro-montagnard), en fait un patrimoine naturel unique au monde.

Les inventaires biologiques ont confirmé une valeur exceptionnelle :

  • 584 espèces d'oiseaux, dont 30 endémiques au Rift Albertin — une avifaune considérée comme l'une des plus riches des forêts africaines ;
  • 72 espèces de mammifères, dont 4 endémiques ;
  • 35 espèces de reptiles, dont 5 endémiques ;
  • 23 espèces d'amphibiens, dont 16 endémiques.

La réserve protège trois espèces phares : le gorille de Grauer (Gorilla beringei graueri), espèce menacée dont l'Itombwe constitue la limite sud de l'aire de répartition et un bastion potentiel pour sa survie ; le chimpanzé de l'est (Pan troglodytes schweinfurthii) ; et l'éléphant de forêt. Parmi les 88 sites évalués dans le Rift Albertin, le Massif d'Itombwe figure parmi les sept sites prioritaires pour la conservation.

Les peuples de l'Itombwe

Longtemps isolé, le massif est habité par six principaux groupes tribaux — les Babembe au sud, les Balega à l'ouest, les Bafuliiru et les Bavira à l'est, les Bashi et les Banyindu au nord, et les Banyamulenge au centre et sur les Hauts-Plateaux — ainsi que par les peuples autochtones, dont les Bambuti, premiers habitants de la forêt. Ces communautés entretiennent des liens économiques et culturels étroits avec leur environnement. La population résidente à l'intérieur de la réserve est estimée à environ 418 000 personnes, sur une population résidente et riveraine avoisinant 1,18 million d'habitants.

Étapes clés de la découverte du Massif d'Itombwe

Le Massif d'Itombwe est resté très longtemps difficile d'accès et isolé, et donc très peu administré, même pendant la période coloniale. Voici quelques-unes des étapes de sa « découverte » :

  • 1898 : Le premier Européen à « découvrir » l'Itombwe est le lieutenant Glorie, accompagné de MM. Marcussen et Paternoster, qui effectuent la reconnaissance du cours moyen de la rivière Elila.
  • 1906-1907 : Séjour du commandant Delhaise dans la région Lega, notamment à Mulungu, à 34 km de Kamituga.
  • 1908 : Exploration systématique par le naturaliste autrichien Rudolf Grauer, pour le compte de Lord Rothschild.
  • 1912 : Le commandant Pauwels poursuit, à l'est du 28ᵉ méridien, la mission commencée par Scrutton.
  • 1923 : Premières découvertes de cassitérite (minerai d'étain) en Urega.
  • 1927 : Visite rapide de l'Itombwe par le Dr J. P. Chapin, parti de Lemera vers le mont Kandashomwa.
  • 1927-1928 : Construction de la route Nyangezi-Kamituga, reliant Bukavu à la zone minière (or et cassitérite).
  • 1929 : Traversée de l'Itombwe par J. S. Rockefeller, Ch. Murphy et A. L. Moses.
  • 1940 : « Découverte » du lac Lungwe.
  • 1943 : Construction de la route Mwenga-Mayamoto, au nord de l'Itombwe.
  • 1950-1967 : Étude de la faune ornithologique de l'Itombwe par le Dr A. Prigogine.
  • 1959 : Expéditions de Georges Schaller à Itombwe, qui confirment l'importance du massif pour les gorilles de Grauer (17 zones importantes alors identifiées).
  • 1996 : Inventaire systématique des grands singes mené par l'ICCN et la WCS, complété par un inventaire ornithologique.
  • 2006 : Publication de l'arrêté ministériel de création de la RNI. Ses limites imprécises — un vaste quadrilatère d'environ 17 000 km² englobant villages et villes — deviennent une source de conflit et de confusion.

Une réserve née d'un processus participatif

Face à cette crise de confiance des populations locales, l'ICCN et ses partenaires engagent, dès 2008, un processus de redéfinition des limites de la RNI impliquant toutes les parties prenantes : l'ICCN, les ONG internationales (WWF, WCS, Rainforest Foundation), les chefferies, les populations et la société civile. Des animateurs écologiques issus des communautés (ANIECO) sont formés pour cartographier l'aire protégée, en s'appuyant sur les traits physiques du terrain (rivières, bassins versants, relief) et sur les savoirs locaux, notamment la protection traditionnelle des Malambos, ces salines et clairières considérées comme des lieux de « maternité » de la faune.

Ce processus long et exigeant, conduit selon l'approche du consentement libre, informé et préalable (CLIP), aboutit à un consensus sur les limites et le zonage de la réserve. Il est officialisé en juin 2016 par l'arrêté provincial nº 16/026/GP/SK du Gouverneur du Sud-Kivu, qui reconnaît les limites actualisées de la RNI.

La réserve est gérée selon la catégorie VI de l'UICN — une aire protégée conciliant conservation et utilisation durable des ressources naturelles, dans le respect des valeurs culturelles et des systèmes traditionnels de gestion. Son Plan d'Aménagement et de Gestion (2018-2027) porte la vision suivante :

« Les valeurs exceptionnelles et la diversité biologique des différents habitats de la Réserve Naturelle d'Itombwe sont conservées de manière inclusive et participative avec les communautés locales et les peuples autochtones, pour la fierté de la Nation Congolaise et pour le bénéfice des générations présentes et futures. »

Par la richesse de ses écosystèmes et la culture unique de ses populations, la RNI réunit les qualités d'un futur candidat au Patrimoine Mondial de l'Humanité — un horizon qui renforcerait encore la protection de ce joyau du Rift Albertin.